Le projet « Cultive ta ville » est un atelier pédagogique de sensibilisation à la fabrique urbaine au regard des enjeux environnementaux, nourriciers et productifs. Il invite les enfants et adolescent·es à comprendre comment l’alimentation et l’agriculture peuvent trouver leur place dans l’aménagement de la ville. À travers des explorations de terrain, des rencontres, des enquêtes et des ateliers de manipulation, les collégien·nes ont découvert les liens étroits, et souvent méconnus, entre agriculture, architecture et modes d’habiter, tout en développant un regard critique sur leur environnement proche.
Le projet se décline en 3 temps adaptables aux niveaux et demandes des enseignant·es.
- Comprendre les liens historiques entre agriculture et architecture
À partir du contenu de l’exposition « Agriculture et Architecture », les adolescent·es ont remonté le temps jusqu’à la sédentarisation des êtres humains et au développement conjoint de l’agriculture et de l’architecture. Ils ont ensuite exploré la manière dont la révolution industrielle a progressivement séparé les espaces de production des espaces urbains, éloignant la ville des lieux où l’on produit son alimentation.
Face aux enjeux environnementaux contemporains, cette séparation invite aujourd’hui à repenser les liens entre habitat, alimentation et grand territoire, et à imaginer de nouvelles manières de faire cohabiter production et ville.
- Explorer les espaces de culture urbaine et rencontrer des professionnel·les
Le projet s’est poursuivi par une exploration du centre-ville de Nantes à la recherche des différentes formes de culture en milieu urbain. Au square Daviais, les élèves ont rencontré Vincent, chargé de projet Paysages Nourriciers, et Charlotte, jardinière de la Ville de Nantes, qui leur ont présenté le potager solidaire créé en 2020. Direction ensuite l’île de Nantes, à la recherche des pratiques nourricières individuelles et de leurs traces dans la ville. Dans leur carnet d’exploration, les élèves ont documenté leurs observations par le dessin : poulaillers, plantations hors-sol, balcons et jardins plantés, potagers individuels ou collectifs… Autant de formes qui témoignent de la présence, parfois discrète, de la production alimentaire au cœur de la ville.
Explorer les espaces nourriciers à proximité
Pour chaque établissement, les explorations sont adaptées au territoire qui l’entoure.
– Au collège Gutenberg à Saint-Herblain, les élèves ont exploré les liens entre le Sillon de Bretagne et le Jardin de la Savèze, destiné aux habitant·es de l’immeuble, avant de découvrir le Jardin des Noëlles. Une habitante leur a présenté le fonctionnement du jardin et l’engagement collectif en faveur d’une production biologique.
– Au collège Rosa Parks à Clisson, une grande balade à vélo à travers le territoire leur a permis d’observer la diversité des architectures agricoles : anciens et récents corps de ferme, serres, moulins, exploitations agricoles et GAEC.
Ces deux parcours ont permis d’aborder, à partir de situations concrètes, l’évolution des exploitations agricoles et des architectures qui les accompagnent, l’industrialisation de la production et les formes de coopération agricole. Les élèves ont également observé le rôle des serres, des moulins, de l’eau ou encore du bocage dans les systèmes de production et dans la transformation des paysages.
- Imaginer une ville nourricière en maquette
Le cycle d’ateliers s’est clôturé par la réalisation d’une maquette collective d’une ville nourricière, mettant en pratique les découvertes et les réflexions menées tout au long de l’année. En incarnant chacun·e un rôle - élu·e, urbaniste, maraîcher·ère, commerçant·e, mais aussi vache, poule ou haie - les élèves ont imaginé une ville où les enjeux nourriciers s’articulent avec l’habitat, les loisirs et le travail. La maquette leur a également permis de prendre en compte les besoins des êtres vivants non humains et de la végétation, et de réfléchir à une ville capable d’accueillir différentes formes de vivant et de production.



