Atelier du Rouget, Simon Teyssou - Territoires Possibles - ARDEPA
Diffusion et pédagogie de l’architecture
en Pays de la Loire

Atelier du Rouget, Simon Teyssou - Territoires Possibles

Publié le jeu. 26 mars 2026

Jeudi 05 mars 2026, 19h00
En résonance avec les démarches actives menées par l’ardepa et l’attention portée aux territoires parfois proches ou en marge des centres urbains, l’association invite l’Atelier du Rouget, représenté par Simon Teyssou, en conférence le soir de son assemblée générale 2026.

Depuis vingt ans, l’Atelier du Rouget développe une démarche patiente au cœur des territoires en marge et de la ruralité. Ses projets sont de natures et d’échelles multiples, à l’image de ces milieux habités, eux-mêmes extrêmement contrastés : logements individuels et collectifs, équipements culturels et sportifs, plans guides, infrastructures, mobiliers... Simon Teyssou, son fondateur, récemment distingué par le Grand Prix de l’Urbanisme et le Global Award for Sustainable Architecture, et ses associés, ne tracent pas de ligne de partage nette entre les interventions urbaines, architecturales et paysagères, entre les enjeux constructifs et les enjeux territoriaux, sociaux, économiques. Fidèle à une pensée trans-scalaire, portée depuis de nombreuses années par l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand dont Simon Teyssou a été directeur de février 2019 à janvier 2025, la démarche de l’Atelier du Rouget cherche au contraire à dépasser ces clivages et ces divisions qui, sans doute plus encore dans les milieux ruraux, conduisent à faire disparaître les liens vitaux et les continuités essentielles à l’habiter.

Pendant ces deux décennies et malgré la diversité des situations rencontrées, s’est progressivement mise en place par tâtonnements, expérimentations, essais et reprises, une véritable méthode, fondée sur des relations de proximité et de confiance, d’échanges, de pédagogie, organisée autour d’ateliers, de résidences, d’accompagnements. Le village du Rouget fait ici figure de milieu-matrice, ou encore de laboratoire de recherche in situ, au sein duquel sont explorés des possibles, cherchant à faire la démonstration qu’un bourg rural ne se réduit pas aux représentations trop rapides et simplistes dans lesquelles on le cantonne souvent.
Au-delà de ce bourg initial, à la manière d’une tache d’huile, ce sont d’autres lieux, villages, bourgs, villes, qui deviennent espaces de recherche concrète, supports de réflexivité d’une pratique engagée et agile.

À partir de ces expériences répétées et singulières, conjuguées à un approfondissement théorique soutenu, se dégagent quelques principes qui, loin de se présenter comme des règles rigides, apparaissent bien plutôt en filigrane des projets. Le principe d’attachement d’abord, qui renvoie aux milles liens dont sont tissés les milieux habités et dont il est urgent de veiller à la préservation, voire à la régénération. Le principe du possible, élément essentiel de tout projet conscient de l’imprévisibilité. Le principe de la durée enfin, si crucial à notre époque marquée par une crise écologique sans précédent, qui s’incarne dans une attention au temps long, à la maintenance et à la transmission d’un précieux héritage humain.

Ces trois fils rouges de l’attachement, du possible et de la durée composent la trame de la conférence.